# Coach IA : ce que vous lui confiez, et ce que vous risquez d'y perdre

**Adresse canonique :** https://optimistra.com/blog/coach-ia-confidences-dependance
**Auteur :** `michel-wozniak` — https://optimistra.com/team/michel-wozniak
**Rubrique :** `Stratégies de Leadership`
**Publié le :** 2026-10-10
**Modifié le :** 2026-10-10
**Temps de lecture :** 17 min — 3339 mots

## En bref

Avec six informations sur vous, une intelligence artificielle (IA) persuade mieux qu'un humain, et les IA de coaching invitent à leur en confier bien davantage, sans secret professionnel. Leur déléguer sa réflexion a aussi un coût, que les études commencent à mesurer. Les compétences humaines prennent de la valeur, et elles s'entraînent.

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Avant d'aller plus loin, je vous propose une expérience qui demande deux minutes. Si vous utilisez un assistant comme ChatGPT avec sa mémoire activée, posez-lui cette question : « D'après nos conversations, que sais-tu de moi ? Fais-moi le portrait de ma personnalité, de mes doutes et de ce qui compte pour moi. »

Lisez ensuite la réponse comme la lirait quelqu'un qui voudrait vous vendre quelque chose, ou vous faire changer d'avis. Repérez ce qui vous fait douter, et ce que vous n'aimeriez pas voir affiché.

Le 10 avril 2025, OpenAI annonçait que la mémoire de ChatGPT « fait désormais référence à toutes vos conversations passées », et ajoutait : « Plus vous utilisez ChatGPT, plus il devient utile. » En Suisse, la fonction est arrivée en mai 2025, désactivée par défaut. D'autres outils vont plus loin : des IA de coaching, des « deuxièmes cerveaux », des conseils de direction virtuels qui promettent de vous connaître assez pour décider comme vous le feriez. Ce que vous leur confiez a une valeur, et la recherche commence à la mesurer.

![Infographie : ce que vous confiez à une IA, ce que la recherche mesure, et quatre repères pour garder la main](/medias/blog/aa888df7f2e6f84b.webp)

## Six informations suffisent pour mieux vous convaincre

Des chercheurs de l'École polytechnique fédérale de Lausanne ont organisé des débats en ligne entre 900 participants américains et un adversaire, tantôt humain, tantôt GPT-4 (Salvi et al., 2025, *Nature Human Behaviour*). Les débats étaient courts, en plusieurs tours, sur des questions de société. Certains adversaires recevaient six informations sur leur interlocuteur : son genre, son âge, son origine ethnique, son niveau d'études, sa situation professionnelle et son orientation politique.

Sans ces informations, GPT-4 faisait jeu égal avec les humains. Avec elles, il devenait l'adversaire le plus convaincant de l'expérience : dans les débats où l'un des deux se montrait plus persuasif que l'autre, il l'emportait 64,4 % du temps. Les humains, eux, tiraient bien moins parti des mêmes informations.

L'étude a ses limites, que ses auteurs signalent : des débats courts et structurés, une durée imposée, des participants recrutés en ligne aux États-Unis. Elle isole pourtant un levier très clair. Ce qui rend une IA plus persuasive, c'est ce qu'elle sait de vous.

Six informations, c'est très peu. Dès 2013, une étude menée sur plus de 58 000 volontaires américains montrait que leurs seuls « j'aime » sur Facebook permettaient de distinguer les hommes homosexuels des hommes hétérosexuels dans 88 % des cas, et les électeurs démocrates des électeurs républicains dans 85 % des cas (Kosinski, Stillwell et Graepel, 2013, *Proceedings of the National Academy of Sciences*).

## Ce que l'on confie à un coach IA

Facebook a gagné des milliards avec des photos de vacances, des « j'aime » et quelques souvenirs partagés. Ce que l'on livre à une IA de coaching est d'une autre nature, et Sam Altman, le patron d'OpenAI, le décrivait lui-même en juillet 2025 : « Les gens parlent à ChatGPT des choses les plus personnelles de leur vie. […] Les gens l'utilisent, les jeunes surtout, comme un thérapeute, un coach de vie. »

La conversation commence par des objectifs : mieux s'organiser, préparer une négociation, trancher une décision. Pour vous aider, l'outil pose des questions de plus en plus précises, et c'est précisément ce qu'on attend de lui. Au fil des semaines, on lui parle de ce qui bloque, puis d'où cela vient : la manière dont son père nous parlait, la gifle reçue un jour, la phrase d'un professeur devant toute la classe qu'on n'a jamais oubliée, parfois sa vie sexuelle ou ses convictions.

Le droit range ces informations parmi les plus protégées. Le règlement général sur la protection des données (RGPD) interdit en principe de traiter celles qui révèlent les opinions politiques, les convictions religieuses, la santé, la vie sexuelle ou l'orientation sexuelle d'une personne, sauf exceptions, parmi lesquelles son « consentement explicite » (art. 9). En Suisse, la nouvelle loi fédérale sur la protection des données (nLPD) range de même la santé et « la sphère intime » parmi les données sensibles, et exige un consentement « exprès » lorsque leur traitement repose sur le consentement (art. 5 et 6). Aucune entreprise sérieuse ne vous demanderait ces informations dans un formulaire. Dans une conversation de coaching, c'est vous qui les apportez, un soir, parce que la question suivante y invitait.

Savoir ce qui fait honte à quelqu'un et ce qu'il redoute, c'est savoir où appuyer pour le convaincre. C'est aussi un moyen de le garder : un outil qui vous connaît depuis deux ans devient difficile à quitter, puisque le quitter revient à perdre tout ce qu'il sait de vous.

## Des confidences sans secret professionnel

Ce que vous dites à un médecin ou à un psychologue est couvert par le secret professionnel. Ce que vous écrivez à une application ne l'est pas. Sam Altman l'a reconnu dans le même entretien, le podcast de Theo Von : « Si vous parlez de ces problèmes à un thérapeute, à un avocat ou à un médecin, il existe une protection juridique. […] Nous n'avons pas encore trouvé l'équivalent pour les conversations avec ChatGPT. » En cas de procès, l'entreprise pourrait donc devoir les produire, ce qu'il jugeait lui-même « vraiment tordu ».

Les données peuvent aussi fuir. Fin août 2025, des chercheurs du média spécialisé Cybernews ont découvert un serveur laissé sans aucune protection par l'éditeur de deux applications de compagnons virtuels, Chattee Chat et GiMe Chat. Plus de 43 millions de messages et plus de 600 000 images et vidéos de plus de 400 000 utilisateurs y étaient accessibles. Les noms et les adresses électroniques n'y figuraient pas, mais des identifiants de connexion et d'appareils, si. Le serveur a été fermé trois semaines plus tard, et personne ne sait si d'autres l'avaient trouvé avant.

Une fois volées, les données circulent. Europol décrit, dans son rapport de 2025 sur la cybercriminalité, des informations « converties en marchandise », vendues sur des plateformes « principalement hébergées sur le dark web », et qui peuvent être « vendues et achetées plusieurs fois » par différents acteurs criminels.

Rien de tout cela n'oblige à renoncer à ces outils. Cela invite à choisir ce qu'on leur confie, et la dernière partie de cet article propose une règle simple pour le faire.

## Un deuxième cerveau, au détriment du premier ?

Le second risque se voit moins, parce qu'il s'installe en douceur. Une IA excelle à repérer des régularités. Quand elle vous connaît, elle repère les vôtres, et propose des décisions qui vous ressemblent et respectent vos valeurs. Comme ses propositions tiennent la route, on lui en confie un peu plus chaque semaine, et l'on réfléchit un peu moins.

On nous propose même de construire un « deuxième cerveau », qui retient et relie tout ce qu'on lui donne, et qui devient plus pertinent à mesure qu'on l'alimente. Nous comprenons encore mal le fonctionnement du premier. La question est de savoir ce qu'il devient pendant que le second progresse.

Les premières mesures invitent à la prudence :

- **Des médecins expérimentés ont perdu en précision sans l'IA.** Dans quatre centres d'endoscopie en Pologne, des médecins ont commencé à travailler avec une IA qui les aidait à repérer les adénomes, des polypes précancéreux, pendant les coloscopies. Sur les examens qu'ils menaient sans elle, ils en trouvaient dans 28,4 % des cas au cours des trois mois qui précédaient son arrivée, et dans 22,4 % des cas au cours des trois mois qui suivaient (Budzyń et al., 2025, *The Lancet Gastroenterology & Hepatology*). L'étude est observationnelle, et ses auteurs restent prudents. C'est l'une des premières à mesurer cet effet chez des professionnels, en conditions réelles.
- **Plus on fait confiance à l'IA, moins on exerce son esprit critique.** Sur 319 travailleurs du savoir interrogés par Microsoft Research et l'université Carnegie Mellon, une confiance plus grande dans l'IA générative allait de pair avec moins d'esprit critique, et une confiance plus grande en soi avec davantage (Lee et al., 2025).
- **Le même lien apparaît au-delà du travail.** Au Royaume-Uni, une enquête auprès de 666 personnes a observé que plus on utilise les outils d'IA, plus les scores d'esprit critique sont bas, en partie parce qu'on leur délègue l'effort de réflexion. Le lien est plus marqué chez les 17-25 ans (Gerlich, 2025). C'est une corrélation, qui ne suffit pas à établir une cause.
- **On retient mal ce qu'on n'a pas écrit soi-même.** Dans une étude du Massachusetts Institute of Technology (MIT), encore en préprint et menée sur un petit échantillon, les participants qui rédigeaient avec ChatGPT montraient la connectivité cérébrale la plus faible des trois groupes. Quinze sur dix-huit n'ont pas su citer correctement une phrase de l'essai qu'ils venaient de terminer, contre deux sur dix-huit dans les autres groupes (Kosmyna et al., 2025).

L'effet est double. On devient dépendant de l'outil, au point de se sentir démuni quand il n'est pas disponible, et l'on exerce moins les capacités qui permettraient de s'en passer. Cette dépendance arrange ceux qui vendent l'outil, car un client qui ne sait plus travailler sans votre produit reste client. Les grandes plateformes l'ont compris depuis longtemps. Des structures bien plus petites, réseaux de coachs ou coachs indépendants, proposent désormais leurs propres IA, construites sur le même principe.

La même recherche montre ce qui protège. La confiance en soi va de pair avec davantage d'esprit critique, et chez des lycéens, une version de GPT-4 conçue pour guider sans donner les réponses limitait largement la baisse des résultats qu'entraînait l'accès libre à l'outil (je l'ai détaillé dans [Rester l'auteur de ses décisions quand on travaille avec une IA](/blog/ia-et-prise-de-decision)). La manière de s'en servir compte autant que l'outil lui-même.

## Se différencier avec l'IA, quand tout le monde l'utilise

Aux entrepreneurs et aux fondateurs de start-up, on répète qu'il faut se différencier par l'IA. Elle est pourtant à la portée de tous, pour le prix d'un abonnement. Selon Originality.ai, une société qui vend un détecteur de textes générés par IA, 54 % des longs posts LinkedIn de son échantillon d'octobre 2024 étaient « probablement générés par IA » (*Wired*, 26 novembre 2024). C'est l'estimation d'un vendeur, faite avec ses propres outils, mais elle donne un ordre d'idée. En décembre 2025, le média 404 Media révélait qu'une start-up financée par le fonds Andreessen Horowitz pilotait, depuis une ferme de 1 100 téléphones, « au moins des centaines » de comptes TikTok générés par IA. Face à des moyens de cette taille, ajouter de l'IA à ses publications ne distingue plus personne.

L'IA tend aussi à uniformiser ce qu'elle aide à produire. Dans une expérience menée auprès de 293 auteurs, ceux qui disposaient d'idées proposées par GPT-4 ont écrit des histoires jugées plus créatives, surtout les moins créatifs d'entre eux, mais ces histoires se ressemblaient davantage entre elles (Doshi et Hauser, 2024, *Science Advances*). Chacun y gagnait, et l'ensemble y perdait en diversité.

La créativité consiste à relier des choses que l'on sait, parfois très éloignées les unes des autres. Un modèle de langage propose la suite la plus plausible de ce qu'on lui donne, une sorte de moyenne de ce que l'humanité a déjà écrit. Pour avoir quelque chose à relier, il faut savoir des choses soi-même, et pour se distinguer, il faut un regard que tout le monde n'a pas.

Mes propres recherches vont dans ce sens : mon mémoire de Master of Business Administration (MBA) en intelligence artificielle portait sur les facteurs humains du succès des start-up, qu'elles travaillent ou non dans l'IA. Les start-up sensibilisées à l'intelligence émotionnelle et aux compétences qui permettent d'agir sur ses états internes y montraient des taux de réussite significativement meilleurs.

## Deux scénarios pour l'avenir du travail, une même compétence

Les prédictions sur l'IA et l'emploi sont nombreuses, mais elles se ramènent à deux grands scénarios.

### Si le travail disparaît

« Probablement aucun d'entre nous n'aura d'emploi », déclarait Elon Musk à VivaTech, le 23 mai 2024. Il décrivait un scénario qu'il jugeait favorable, avec un « revenu universel élevé » et une abondance de biens et de services, et il ajoutait : « La question sera vraiment celle du sens : si l'ordinateur et les robots font tout mieux que vous, votre vie a-t-elle un sens ? » Tout le monde ne partage pas ce pronostic. Laurent Alexandre, souvent cité en France sur l'IA, combat le revenu universel depuis des années : devant l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques, en janvier 2017, il y voyait « une idée absolument suicidaire », et appelait à se battre « en réformant l'éducation et la formation professionnelle ».

Ce que devient une personne privée de travail, la recherche l'étudie depuis des décennies. Une méta-analyse de 324 études a établi que 34 % des chômeurs présentent des troubles psychiques au seuil des tests de dépistage, contre 16 % des actifs. Les études qui suivent les mêmes personnes dans le temps indiquent que le chômage cause cette détresse, et qu'il ne fait pas que l'accompagner (Paul et Moser, 2009). La psychologue Marie Jahoda en a donné une explication restée classique : l'emploi apporte bien plus qu'un revenu. Il structure le temps, entretient des contacts en dehors de la famille, relie à des buts qui dépassent les siens, donne un statut et une identité, et impose une activité régulière (Jahoda, 1981).

L'argent seul ne remplace pas ces fonctions. En Finlande, 2 000 chômeurs tirés au sort ont reçu 560 euros par mois sans condition en 2017 et en 2018. Ils se disaient plus satisfaits de leur vie que le groupe témoin (7,3 sur 10 contre 6,8), et moins nombreux à souffrir d'une détresse psychique importante (17 % contre 24 %), mais l'enquête avait un faible taux de réponse, et les chercheurs se gardent d'en tirer une conclusion causale (Kangas et al., 2021). Aux États-Unis, 1 000 personnes à bas revenus ont reçu 1 000 dollars par mois pendant trois ans : leur bien-être déclaré a augmenté la première année, puis il est revenu au niveau du groupe témoin (Vivalt et al., 2026).

Si ce scénario se réalise, ce qui manquera, ce sont la structure, le lien et le sens que le travail apportait, et chacun devra savoir se les donner. La capacité à gérer ses états internes deviendrait alors la compétence de base, celle dont tout le monde aurait besoin.

### Si l'IA reste un outil

Le second scénario ressemble davantage à ce que l'on observe aujourd'hui. L'IA complète le travail humain, mais une même tâche demande moins de personnes, et celles qui restent travaillent sous davantage de pression. Si une équipe doit être réduite de moitié, on garde rarement le génie technique incapable de travailler avec les autres : une IA fait déjà une partie de son travail, et l'on préfère quelqu'un d'un peu moins brillant qui sait fédérer. Moins il y a de monde et plus il y a de stress, plus les compétences humaines comptent.

Les employeurs le disent déjà :

- **Selon ManpowerGroup**, qui a interrogé 39 063 employeurs dans 41 pays, la communication, la collaboration et le travail d'équipe arrivent en tête des compétences humaines jugées les plus importantes (39 %), devant le professionnalisme et l'éthique de travail (36 %), puis l'adaptabilité et la volonté d'apprendre (34 %) (Talent Shortage 2026).
- **Selon le Forum économique mondial**, 69 % des grandes entreprises interrogées tiennent la pensée analytique pour une compétence de base, devant la résilience, la flexibilité et l'agilité (67 %), le leadership et l'influence sociale (61 %) et la pensée créative (57 %). En Suisse, la résilience, la flexibilité et l'agilité arrivent en tête, citées par 84 % des entreprises (Future of Jobs Report 2025).

Dans les deux scénarios, ce sont les compétences humaines qui prennent de la valeur. Investir dans l'humain, en soi comme dans ses équipes, est un placement qui gagne dans les deux cas.

## Garder la main : ce que vous pouvez faire dès aujourd'hui

Rien de tout cela n'invite à se passer de l'IA. Je travaille dans ce domaine depuis plus de vingt ans, je m'en sers tous les jours, et certains outils me font gagner un temps considérable. Tout tient à la manière de s'en servir.

**Pour ce que vous lui confiez :**

- **Avant d'écrire, une question :** « Le dirais-je à un inconnu qui prend des notes ? » Si la réponse est non, gardez-le pour une personne tenue au secret.
- **Réglez la mémoire.** Regardez ce que votre assistant a retenu de vous, effacez ce qui n'a rien à y faire, et désactivez la mémoire si vous n'en avez pas l'usage. Pour une question personnelle, ChatGPT propose une conversation temporaire, qui n'alimente pas sa mémoire.
- **Ne parlez pas des autres à leur place.** Le conflit avec votre associé ou la santé d'un proche sont aussi leurs données.
- **Pour ce qui touche à votre histoire, choisissez un humain tenu au secret.** Un médecin ou un psychologue l'est ; une application ne l'est pas.

**Pour ce que vous lui déléguez :**

- **Réfléchissez d'abord, demandez ensuite.** Notez votre propre réponse, même sommaire, avant d'interroger l'IA, puis comparez. C'est vous qui jugez sa proposition, et votre raisonnement reste entraîné.
- **Gardez des tâches sans IA.** Les endoscopistes polonais ont perdu en précision sur des examens qu'ils savaient parfaitement faire. Ce que vous voulez garder, pratiquez-le aussi sans aide.
- **Faites-en un contradicteur plutôt qu'un oracle.** Demandez-lui de démolir votre idée, de défendre l'option contraire, d'imaginer l'échec de votre projet. Ces stratégies sont détaillées dans [Rester l'auteur de ses décisions quand on travaille avec une IA](/blog/ia-et-prise-de-decision).
- **Repérez les outils qui vous rendent moins capable**, et gardez ceux qui vous rendent plus productif. La différence se sent assez vite, pour peu qu'on la cherche.

## Comprendre son cerveau avant de choisir ses outils

Quand on comprend comment fonctionnent ses émotions et sa manière de décider, on repère vite les outils qui pensent à notre place et ceux qui font gagner des heures. On sait aussi ce qu'on ne veut pas confier, et pourquoi.

Je le résume souvent ainsi : un dirigeant (ainsi que toute personne en interaction avec d'autres) peut déléguer presque tout. Mais il y a deux choses qu'il ne peut pas déléguer : la gestion de son état intérieur, et l'impact que ses mots auront sur les autres — et sur lui-même. Une IA qui vous connaît par cœur laisse cette règle intacte.

J'ai une raison personnelle d'y tenir. En septembre 2011, un violent burnout m'a laissé incapable de gérer la moindre émotion, avec une mémoire comme éteinte. J'ai dû réapprendre à apprendre, avec l'aide de Richard Bandler, le co-créateur de la Programmation Neuro-Linguistique (PNL), et de Tony Buzan, l'inventeur du mind mapping. J'en garde une conviction : on mesure mal la valeur d'un cerveau qui fonctionne tant qu'on l'a, et il se travaille, à tout âge.

Ces compétences s'apprennent. La PNL les travaille ensemble : la communication avec les autres, avec soi-même et avec une IA ; la gestion des états internes, comme le stress, les peurs ou les croyances qui freinent ; et la pensée stratégique. Sa validation scientifique fait débat, et j'en parle sans détour dans [La PNL est-elle scientifique ?](/blog/la-pnl-est-elle-scientifique). Les mécanismes décrits dans cet article sont, eux, documentés, et ils se travaillent.

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## Pour continuer

Si vous voulez faire le point sur la place que l'IA a prise dans votre travail, ce qu'elle vous fait gagner et ce qu'elle décide déjà à votre place, je vous propose [un rendez-vous de 30 minutes en visio](https://optimistra.com/rdv/michel/30).

Si vous voulez travailler ces compétences, deux chemins existent. [Le Praticien PNL](/pnl-prat) les fait pratiquer pendant huit jours en présentiel, en Suisse. [Le Leadership d'Alignement Personnel](/lap), notre formation en ligne, s'appuie sur la PNL et consacre une partie de son programme à la communication avec une IA. L'un et l'autre comprennent douze rendez-vous en direct sur Zoom, une heure par mois pendant un an.

Pour prolonger la lecture : [influence ou manipulation, et si vous vous trompiez de question ?](/blog/influence-ou-manipulation), et [reprendre la main sur ses états et ses réactions](/blog/reprendre-la-main-sur-ses-etats).

*Article conçu et rédigé par [Michel Wozniak](/team/michel-wozniak), et optimisé par l'intelligence artificielle. Illustration créée par l'intelligence artificielle.*

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## Questions fréquentes

### Peut-on confier des informations personnelles à un coach IA ?

On le peut, en sachant ce qu'on fait. Ces échanges ne sont pas couverts par le secret professionnel ; ils peuvent être conservés, produits en justice ou exposés par une fuite, et ils renseignent sur ce qui vous touche. Une règle simple : ne confiez à une IA que ce que vous diriez à un inconnu qui prend des notes, et réservez le reste à un professionnel tenu au secret.

### Une IA qui me connaît peut-elle m'influencer davantage ?

Oui. Dans une expérience de l'École polytechnique fédérale de Lausanne, GPT-4 l'emportait dans 64,4 % des débats qui ne finissaient pas à égalité lorsqu'il connaissait six informations de base sur son interlocuteur, comme son âge ou son orientation politique. Sans ces informations, il faisait jeu égal avec les humains.

### Utiliser l'IA fait-il perdre des compétences ?

Les premières études vont dans ce sens. Des endoscopistes expérimentés détectaient moins de polypes précancéreux sans IA après trois mois de travail avec elle (22,4 % des examens contre 28,4 %), et plusieurs enquêtes associent un recours intensif à l'IA à moins d'esprit critique. Ces études sont encore observationnelles ou corrélationnelles, mais elles invitent à garder des tâches sans IA.

### Comment utiliser l'IA sans perdre son esprit critique ?

En réfléchissant d'abord et en l'interrogeant ensuite, en lui demandant de contredire sa propre proposition, en vérifiant ses sources, et en gardant certaines tâches sans aide. La confiance en soi joue aussi : dans une enquête auprès de 319 travailleurs du savoir, ceux qui avaient le plus confiance en eux exerçaient davantage leur esprit critique.

### Quelles compétences prennent de la valeur avec l'IA ?

Les compétences humaines : la communication et la collaboration, l'adaptabilité, la résilience, le leadership, la pensée créative et la gestion de ses états internes. Les employeurs interrogés par ManpowerGroup et par le Forum économique mondial les placent en tête, et elles s'entraînent.

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## Sources

- [OpenAI (10 avril 2025), Memory and new controls for ChatGPT](https://openai.com/index/memory-and-new-controls-for-chatgpt/)
- [Salvi, Horta Ribeiro, Gallotti et West (2025), On the conversational persuasiveness of GPT-4, Nature Human Behaviour](https://doi.org/10.1038/s41562-025-02194-6)
- [Kosinski, Stillwell et Graepel (2013), Private traits and attributes are predictable from digital records of human behavior, PNAS](https://doi.org/10.1073/pnas.1218772110)
- [Perez (25 juillet 2025), Sam Altman warns there's no legal confidentiality when using ChatGPT as a therapist, TechCrunch](https://techcrunch.com/2025/07/25/sam-altman-warns-theres-no-legal-confidentiality-when-using-chatgpt-as-a-therapist/)
- [Règlement (UE) 2016/679, règlement général sur la protection des données, art. 9, EUR-Lex](https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:32016R0679)
- [Loi fédérale sur la protection des données (RS 235.1), art. 5 et 6, Fedlex](https://www.fedlex.admin.ch/eli/cc/2022/491/fr)
- [Naprys (8 octobre 2025), AI girlfriend can't keep a secret: app leaks intimate conversations of 400K+ users, Cybernews](https://cybernews.com/security/ai-girlfriend-app-leak-exposes-400k-users/)
- [Europol (2025), Steal, deal and repeat – How cybercriminals trade and exploit your data, IOCTA 2025](https://www.europol.europa.eu/cms/sites/default/files/documents/Steal-deal-repeat-IOCTA_2025.pdf)
- [Budzyń et al. (2025), Endoscopist deskilling after exposure to artificial intelligence in colonoscopy: a multicentre, observational study, The Lancet Gastroenterology & Hepatology](https://doi.org/10.1016/S2468-1253(25)00133-5)
- [Lee et al. (2025), The impact of generative AI on critical thinking, CHI 2025](https://doi.org/10.1145/3706598.3713778)
- [Gerlich (2025), AI tools in society: Impacts on cognitive offloading and the future of critical thinking, Societies](https://doi.org/10.3390/soc15010006)
- [Kosmyna et al. (2025), Your brain on ChatGPT, arXiv (préprint)](https://doi.org/10.48550/arXiv.2506.08872)
- [Bastani et al. (2025), Generative AI without guardrails can harm learning: Evidence from high school mathematics, PNAS](https://doi.org/10.1073/pnas.2422633122)
- [Knibbs (26 novembre 2024), Yes, that viral LinkedIn post you read was probably AI-generated, Wired](https://www.wired.com/story/linkedin-ai-generated-influencers/)
- [Maiberg (17 décembre 2025), Hack reveals the a16z-backed phone farm flooding TikTok with AI influencers, 404 Media](https://www.404media.co/hack-reveals-the-a16z-backed-phone-farm-flooding-tiktok-with-ai-influencers/)
- [Doshi et Hauser (2024), Generative AI enhances individual creativity but reduces the collective diversity of novel content, Science Advances](https://doi.org/10.1126/sciadv.adn5290)
- [Kelly (23 mai 2024), Elon Musk says AI will take all our jobs, CNN Business](https://edition.cnn.com/2024/05/23/tech/elon-musk-ai-your-job)
- [Assemblée nationale (2017), rapport n° 4594 de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques, tome II, audition de Laurent Alexandre du 19 janvier 2017, p. 179-180](https://www.assemblee-nationale.fr/14/pdf/rap-off/i4594-tII.pdf)
- [Paul et Moser (2009), Unemployment impairs mental health: Meta-analyses, Journal of Vocational Behavior](https://doi.org/10.1016/j.jvb.2009.01.001)
- [Jahoda (1981), Work, employment, and unemployment: Values, theories, and approaches in social research, American Psychologist](https://doi.org/10.1037/0003-066X.36.2.184)
- [Kangas et al. (dir.) (2021), Experimenting with Unconditional Basic Income: Lessons from the Finnish BI Experiment 2017–2018, Edward Elgar](https://doi.org/10.4337/9781839104855)
- [Vivalt et al. (2026), The employment effects of a guaranteed income, Quarterly Journal of Economics](https://doi.org/10.1093/qje/qjag042)
- [ManpowerGroup (26 février 2026), Global Talent Shortage Reaches Turning Point as AI Skills Claim Top Spot](https://investor.manpowergroup.com/node/68796/pdf)
- [World Economic Forum (2025), The Future of Jobs Report 2025](https://reports.weforum.org/docs/WEF_Future_of_Jobs_Report_2025.pdf)
