
Les deux dernières conférences de Tony Buzan à Paris : le Mind Mapping et la lecture rapide
Quatre heures filmées le 11 août 2018, devant quatre cents personnes qui font elles-mêmes les expériences. Vous pouvez les refaire ce soir, et la plupart tiennent en moins d’une minute.
Ce qu’il fait pendant ces quatre heures
Il commence par demander à la salle qui elle est. Combien de scientifiques ? Trois ou quatre mains. Combien d’artistes ? À peine plus. Combien de poètes ? Presque personne. Combien savent ce qu’est une mind map ? Toutes les mains se lèvent, et c’est normal : on est aux championnats de France, et la salle est faite de gens qui en dessinent depuis des années.
Puis il descend dans les rangs pendant que chacun prend des notes, et il regarde ce qui s’écrit. Presque toutes les notes sont d’une seule couleur. Il remonte sur scène, et il passe les deux heures suivantes à faire constater, exercice après exercice, que ces quatre cents personnes pensent en images, en couleurs et en associations, et qu’elles viennent d’écrire l’inverse sur leur cahier.
À la fin de la matinée, il repose la première question. Combien de scientifiques ? Toutes les mains se lèvent. C’est la forme de ces quatre heures, et c’est ce qui fait qu’elles se regardent encore : il n’avance rien qu’il n’ait d’abord fait vérifier par la salle.
Trente secondes, un mot, et les yeux fermés
Celle-ci se fait seul, sans matériel, et elle est reprise telle quelle de la conférence. Lisez les trois lignes, puis faites-la avant de continuer.
- Fermez les yeux, et donnez-vous un mot : « singe ». Rien d’autre. Laissez venir ce qui vient, une dizaine de secondes.
- Rouvrez les yeux, et répondez à trois questions. Combien de temps cela a-t-il pris ? Qu’avez-vous obtenu, des lettres ou une image ? Y avait-il de la couleur, et est-ce que ça bougeait ?
- Regardez enfin ce qui est venu avec, sans que vous l’ayez demandé : un arbre, une branche, une banane peut-être, un second singe.
Vous n’avez pas obtenu S, I, N, G, E. Vous avez obtenu une image, en couleur, en mouvement, et déjà reliée à trois autres.
Buzan pose alors la question suivante à la salle : combien d’informations y a-t-il dans une mémoire humaine ? Beaucoup, répond tout le monde. Vous venez d’en extraire une seule, précise, instantanément, et sans savoir comment. Lui non plus ne sait pas comment, et il le dit.
Ce qu’il en tire se vérifie sur la table à côté de vous. Si la mémoire rend des images, des couleurs, des associations et du mouvement, une note qui n’a rien de tout cela lui parle dans une langue qui n’est pas la sienne. La mind map suit de ce constat, et il la reconstruit devant la salle, branche par branche, à partir de ce qu’elle vient elle-même de répondre.
Ce que font vos yeux pendant que vous lisez
L’après-midi, il reprend la même méthode sur la lecture. Il demande d’abord à la salle de montrer, avec un doigt en l’air, comment les yeux parcourent une ligne. Quatre cents doigts glissent régulièrement de gauche à droite. Aucun n’a raison.
L’expérience qui suit demande une autre personne et deux minutes. Elle tient son livre au-dessus de sa tête, page tournée vers elle, de manière que vous voyiez ses yeux. Elle lit à son rythme normal, puis plus vite, puis aussi vite qu’elle peut. Vous regardez.
Vous ne verrez pas un glissement. Vous verrez des arrêts, et des sauts entre les arrêts. L’œil doit s’immobiliser pour prendre une image nette : en mouvement, il ne rapporte rien. C’est le réflexe qu’on a dans un train qui entre en gare, quand on veut lire le nom de la station — le regard accroche le panneau et le tient, il ne le suit pas.
Vous verrez aussi ce que la personne en face ne verra pas d’elle-même : des retours en arrière, des lignes reprises, des décrochages vers la fenêtre. Elle vous dira, elle, avoir lu tout droit.
Là-dessus, la conférence montre où se gagne la vitesse : sur la durée de chaque arrêt, et sur le nombre de mots pris à chaque arrêt. Le reste de l’heure y est consacré, et une seconde expérience, à deux également, mesure jusqu’où porte votre vision périphérique — beaucoup plus loin que ce dont vous vous servez en lisant.
Ce que vous regardez, exactement
Ce sont deux conférences filmées, de deux heures chacune, données le même jour, le 11 août 2018, devant quatre cents personnes à la Maison des Océans, à Paris. Elles se tenaient pendant les championnats de France de Mind Mapping et de Lecture Rapide. Michel Wozniak était dans la cabine de traduction.
La salle travaille tout du long : par deux, par quatre, à main levée, à voix haute. On y entend les votes, les rires, les rangs qui discutent et Buzan qui redemande le silence. Les exercices durent de trente secondes à cinq minutes, et vous pouvez les faire en même temps que la salle ou les laisser passer. Deux d’entre eux demandent une autre personne pendant deux minutes ; tous les autres se font seul.
Vous entendrez aussi Buzan improviser. Il annonce un plan et le suit rarement, il repart en arrière, il raconte le garçon de douze ans à qui un professeur a dit que sa vitesse de lecture était celle avec laquelle il était né et qu’elle ne changerait pas. C’est une conférence, avec ce que cela a de vivant et de décousu.
Pourquoi les deux dans la même journée
L’ordre n’est pas décoratif. La conférence sur le Mind Mapping se termine par une pause de vingt minutes, et Buzan annonce lui-même la suite : maintenant, on va lire.
Sa définition de la lecture compte sept étapes, et il en fait une mind map devant la salle. Reconnaître les signes ; les assimiler, ce qui est le travail de l’œil ; comprendre, c’est-à-dire relier entre elles les informations d’un même livre ; relier ensuite les livres les uns aux autres ; retenir ; retrouver ; et enfin transmettre. Il fait remarquer que l’école n’enseigne guère que la première, et que personne ne lui a jamais montré les six autres.
L’outil qu’il propose pour les étapes trois à six est celui de la matinée. C’est pourquoi les deux conférences se suivent, et pourquoi la seconde suppose la première sans jamais la répéter.
Ce que contiennent les deux conférences
Voici la suite des deux conférences, dans l’ordre où elles se déroulent. Rien n’en est retiré : ce que Buzan avance et que nous n’avons pas repris sur cette page y figure quand même, sous le nom de la séquence où il le dit. Le sommaire est le même dans les deux versions, puisque c’est le même enregistrement.
Conférence 1 — Le Mind Mapping
- Qui est dans la salle : six questions et un décompte de mains
- Se présenter à vingt mille personnes : l’exercice de la note
- La métacognition, ou penser à la façon dont on pense
- Une seule couleur : ce que la salle avait apporté
- Le test du singe : ce que le cerveau rend quand on lui jette un mot
- Images, couleurs, associations, mouvement : ce que Tony Buzan appelle le langage humain
- Ce que la salle prescrirait aux enfants pour prendre des notes
- Les lois de la mind map : image centrale, branches, couleurs, mots-clés
- La première mind map d’un bébé : maman, le lait, le jeu, la communication
- Le bébé qui teste : la feuille de papier, la flaque et les hypothèses
- Les deux côtés du cortex, d’après les travaux de Sperry et d’Ornstein
- L’examen de la salle : de quel côté se trouvent la musique, l’art, les affaires, la créativité
- La pensée synergétique et la conversation entre les deux côtés
- Les carnets de Léonard de Vinci, et ce que le professeur de Tony Buzan en disait
- Le rêve éveillé : celui qui tourne à vide, et celui des gens qui s’entraînent
Conférence 2 — La lecture rapide
- Tony Buzan à douze ans : un test de vitesse, un résultat, et un professeur qui dit non
- Mesurer sa propre vitesse de lecture, chez soi, avec un livre ordinaire
- Écrire sa définition de la lecture, puis la comparer à celle de son voisin
- Les sept branches de la lecture, en mind map
- La reconnaissance : méthode phonique, méthode globale, et ce qu’on nous a appris
- L’assimilation : la posture, le souffle et le confort de lecture
- La compréhension : relier les informations à l’intérieur d’un même livre
- Relier les livres entre eux : ce que Tony Buzan distingue de la compréhension
- Ce qui reste d’un diplôme : dix titres, dix auteurs, dix plans
- La rétention et le rappel : ranger, puis retrouver
- Communiquer, appliquer, créer : à quoi sert d’avoir lu
- L’expérience des yeux : un livre au-dessus de la tête, et un voisin qui observe
- Ce que la salle observe dans les yeux de son voisin
- Les retours en arrière, les décrochages, la ligne perdue
- Où se gagne la vitesse : la durée des arrêts, et ce qu’on prend à chaque arrêt
- « Lentement et attentivement » : la démonstration à voix haute
- L’expérience du champ de vision périphérique, à deux
- Le guide : pourquoi le cerveau suit un doigt
- Lire un visage, un animal, le ciel : ce que la définition élargit
Qui parle
Tony Buzan
Tony Buzan a créé la mind map et l’a fait connaître. Il a cofondé les championnats du monde de mémoire en 1991 avec Raymond Keene, puis ceux de lecture rapide et de mind mapping. En 2016, Toastmasters International lui a remis son Golden Gavel, une distinction décernée chaque année depuis 1959 à une personne qui a compté dans la communication. Il est né le 2 juin 1942 et mort le 13 avril 2019, huit mois après ces deux conférences.
Michel Wozniak
Michel Wozniak traduisait en direct depuis la cabine, et c’est sa voix qu’on entend sur la version française. Il enseigne le mind mapping et la lecture efficace depuis vingt ans. Il est l’un des cinq Grand Master Trainers nommés par Tony Buzan, et le responsable pédagogique monde de son groupe ; il est monté sur le podium du championnat du monde de lecture rapide en 2016, à Singapour, avec la médaille de bronze.
Trois choses à savoir avant de vous inscrire
- Ce sont des conférences, et rien n’y est corrigé
- Vous regardez quelqu’un parler devant une salle. Il n’y a ni exercice à rendre, ni support à télécharger, ni questionnaire, ni personne pour vous relire. Ce que vous tirerez de ces quatre heures dépend entièrement de ce que vous ferez avec un crayon à côté de vous.
- C’est une captation de salle, filmée en 2018
- Le son est celui d’un micro de scène dans un amphithéâtre, avec les bruits d’une salle de quatre cents personnes. L’image montre l’écran de projection et l’orateur, pas les cahiers des participants : ce qui est projeté se lit, les notes des voisins non.
- Il n’y a pas de plan, et il improvise
- Il annonce une chose, en fait une autre, y revient, digresse, et redemande à la salle ce qu’elle vient de trouver. C’est ce qui rend ces heures vivantes, et c’est aussi ce qui les rend décousues. Si vous cherchez un cours construit du premier au dernier module, ces deux conférences ne le sont pas.
Avec mon inscription, je reçois
Dans quelle langue voulez-vous entendre ces conférences ?
La version française est celle de la cabine de traduction : on voit Tony Buzan, et on entend Michel Wozniak, qui traduisait en direct dans la salle. La version anglaise est Tony Buzan tel qu’il a parlé, sans traduction. Ce choix décide de la version qui s’ouvrira dans votre espace de formation ; il ne change pas la langue de cette page.
- Les deux conférences
- Quatre heures au total, deux heures chacune, dans la version que vous avez choisie.
- Un accès sans limite de durée
- Vous les regardez à votre rythme, vous y revenez quand vous voulez, autant de fois que vous voulez.
- L’accès depuis l’application GoKollab
- Sur ordinateur comme sur téléphone, pour reprendre une conférence là où vous l’aviez laissée.
Le tarif
Version retenue : Français
La facturation s’effectue en francs suisses ou en euros ; les montants affichés dans les autres devises sont indicatifs, au dernier taux de change connu.
Le remboursement est possible pendant le premier mois, à condition d’avoir ouvert 10 % au plus des vidéos, puisque l’intégralité du contenu est accessible dès l’inscription. Il suffit de nous écrire par le formulaire de contact.
Les questions fréquentes
Faut-il connaître le Mind Mapping ou la lecture rapide ?
Non, rien n’est supposé. La salle, elle, était faite de gens qui pratiquaient depuis des années, et Tony Buzan passe la première heure à leur montrer ce qu’ils n’avaient pas vu : quelqu’un qui découvre le sujet n’est pas en retard sur eux.
En quelle langue les conférences sont-elles données ?
Au choix, et les deux versions viennent du même enregistrement. En français, vous entendez la traduction faite en direct depuis la cabine, ce jour-là, par Michel Wozniak. En anglais, vous entendez Tony Buzan tel qu’il a parlé dans la salle. Vous choisissez au moment de vous inscrire, dans le bloc du tarif, et c’est cette version-là qui s’ouvrira dans votre espace de formation.
Faut-il du matériel ?
De quoi écrire, et au moins trois couleurs : la première conférence vous fera dessiner. Un livre que vous n’avez pas encore lu, pour la seconde. Et deux des expériences demandent une autre personne pendant deux minutes.
Combien de temps ai-je accès aux conférences ?
Sans limite de durée. Vous les regardez à votre rythme, vous y revenez quand vous voulez, autant de fois que vous voulez.
Comment se suivent-elles ?
En ligne, sur la plateforme GoKollab, à l’heure qui vous arrange. Il existe une application mobile si vous préférez les regarder depuis votre téléphone.
Reçoit-on un document à la fin ?
Ce sont des conférences, et il n’y a pas d’attestation à la fin : ce qui vous reste est ce que vous en aurez noté. C’est d’ailleurs la seule consigne que Tony Buzan répète tout du long, et il donne une raison de le faire.
Le règlement se fait-il en une fois ?
Oui, en un seul versement.
Vos formations sont-elles éligibles au CPF ou aux OPCO ?
Non. Rendre une formation éligible au CPF suppose de l’académiser fortement, ce qui va contre une pédagogie expérientielle comme la nôtre. S’ajoute une difficulté que nous n’avons pas choisie : nos participants viennent d’une dizaine de pays, et les exigences y sont rarement compatibles entre elles — la certification Qualiopi en France ne l’est pas avec la certification Eduqua en Suisse. Nous avons préféré mettre ce travail dans les contenus.
Et si je veux apprendre les techniques pour de bon ?
Ces quatre heures montrent comment Tony Buzan voyait ses deux outils après un demi-siècle de travail, et elles donnent de quoi commencer. Si vous voulez apprendre les techniques dans le détail et les mettre en pratique, notre Apprentissage Buzan y consacre vingt-quatre heures pour le mind mapping et dix-neuf pour la lecture efficace. Quatre heures de conférence ne remplacent pas cela, et nous préférons le dire.

