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Le métier de développeur à l'heure de l'IA : ce qui décide de la mission

Michel Wozniak

Michel Wozniak

Publié le 17 octobre 2026 · 12 min de lecture

Schéma : tickets GitHub résolus par l'IA, de 70 à 97 %, et ce qui reste au développeur

En bref

L'intelligence artificielle résout désormais presque tous les tickets d'un test de référence, et le marché des développeurs s'est resserré. Ce qui décide qui décroche la mission se joue de plus en plus dans la relation avec le client et dans l'état où l'on se trouve sous pression. Ces compétences humaines s'entraînent, et la PNL les travaille en trois piliers.

À la fin de septembre 2025, sur un test de référence fait de vrais tickets GitHub, le meilleur modèle d'intelligence artificielle (IA) en résolvait près de 70 %. En septembre 2026, il en résolvait 97 %, et l'organisme qui fait passer ce test a cessé de le faire tourner, parce que le test est saturé. Le métier de développeur a changé plus vite en un an qu'en dix.

J'ai été développeur, puis intégrateur et chef de projet, pendant treize ans dans l'industrie automobile, et je travaille dans l'IA depuis plus de vingt ans. Ce que je vois aujourd'hui chez les développeurs que nous formons tient en une phrase : ce qui décide qui décroche la mission, ou qui l'entreprise garde, se joue de plus en plus dans la relation avec le client, et dans l'état où l'on se trouve quand la pression monte. Ce critère-là n'est écrit dans aucun cahier des charges.

Ces compétences, la Programmation Neuro-Linguistique (PNL) les entraîne, et c'est ce que Nathalie de Marcé et moi enseignons ensemble depuis une dizaine d'années. Je vous propose de faire le chemin en six étapes :

  1. ce qui a changé pour les développeurs en un an ;
  2. ce que les clients et les employeurs recherchent désormais ;
  3. pourquoi tout se joue à des détails qu'on ne voit pas chez soi ;
  4. quelques questions à vous poser aujourd'hui ;
  5. la PNL, vue par un développeur ;
  6. les deux chemins que nous proposons pour commencer.

1. Ce qui a changé pour les développeurs en un an

Le test dont je parle, SWE-bench Verified, réunit des tickets réels tirés de projets GitHub. Vals AI, qui le fait passer à tous les modèles avec la même méthode, y mesurait près de 70 % de tickets résolus à la fin de septembre 2025, puis 97 % en septembre 2026, avant de l'abandonner. Les usages ont suivi. Chez METR, un institut indépendant qui évalue ces modèles, l'usage de l'IA était étroitement supervisé fin 2025 ; au printemps 2026, beaucoup de ses ingénieurs la laissaient mener seule des tâches qui leur auraient pris des heures.

Le marché a suivi lui aussi. Sur freelancermap, une grande plateforme de freelances de l'espace germanophone, Suisse comprise, chaque projet publié reçoit en moyenne onze candidatures. En Suisse, chez les programmeurs d'applications, les développeurs de logiciels et les analystes système, le chômage a augmenté presque deux fois plus que dans les métiers peu exposés à l'IA, selon le centre de recherches conjoncturelles de l'École polytechnique fédérale de Zurich (KOF). En France, les offres d'emploi de cadres publiées pour des développeurs sur le site de l'Association pour l'emploi des cadres (APEC) sont passées de 31 330 en 2022 à 12 690 en 2025. Ce sont des annonces, pas des embauches, mais la tendance est nette.

Chaque mission pèse donc davantage. Sur Malt, un développeur freelance expérimenté affiche en moyenne 576 euros par jour en France, et une mission de développement confiée à un freelance dure neuf mois en médiane dans l'espace germanophone (freelancermap). Une mission qui échappe, ce sont des mois de facturation qui partent chez un autre. Salarié, l'enjeu est le même, en entretien d'embauche comme le jour où l'entreprise doit choisir qui garder.

2. Ce que les clients et les employeurs recherchent désormais

En Suisse, 66 % des employeurs se disent prêts à accorder une prime salariale aux candidats qui ont de solides compétences en communication, en collaboration et en travail d'équipe (ManpowerGroup Suisse, baromètre du troisième trimestre 2026). Dans son rapport de 2025 sur l'avenir de l'emploi, le World Economic Forum (WEF) a demandé à plus de mille grands employeurs quelles compétences ils jugent essentielles aujourd'hui. La programmation est citée par 17 % d'entre eux, l'empathie et l'écoute active par 50 %.

Les plateformes de freelances le montrent d'une autre manière. Des chercheurs ont analysé environ 11,66 millions de transactions sur Fiverr, puis mené des expériences contrôlées (Hart et al., 2026). Même un retard de cinq à dix minutes pour répondre à un client fait nettement baisser les chances d'être engagé, parce que la rapidité signale qu'on sera réactif ensuite. Quand la réponse semble automatique ou écrite par une IA, cet avantage disparaît.

C'est que la confiance passe avant la compétence. En face de quelqu'un, on juge sa chaleur avant sa compétence, et la chaleur pèse plus lourd (Fiske, Cuddy et Glick, 2007). Dans trois organisations étudiées, dont deux entreprises informatiques, quand on n'aimait pas un collègue, sa compétence ne comptait presque plus dans le choix de travailler avec lui (Casciaro et Lobo, 2008). L'IA renforce ce besoin de confiance. Aux États-Unis, parmi les salariés qui ont reçu de leurs collègues un travail d'IA soigné en apparence mais vide, 42 % jugent ensuite son auteur moins digne de confiance (BetterUp Labs et Stanford Social Media Lab, 2025).

3. Pourquoi tout se joue à des détails qu'on ne voit pas chez soi

On ne se voit pas soi-même, et la recherche le mesure jusque chez les développeurs. Au début de 2025, METR a mené un essai contrôlé auprès de seize développeurs open source expérimentés : ils se croyaient 20 % plus rapides avec l'IA, et le chronomètre disait qu'il leur fallait 19 % de temps en plus. Devant un client, c'est pareil : un mot de jargon, une réponse défensive, et l'on ne s'en rend pas compte.

Nos états se transmettent, même quand on les cache. Dans une étude de Stanford, quand l'une de deux personnes qui discutaient d'un sujet bouleversant réprimait ses émotions, la pression artérielle de l'autre montait, et le lien se faisait moins bien (Butler et al., 2003). Le client ne lit pas votre code ; il lit votre état.

Le stress, enfin, coupe l'accès à ce qu'on sait faire. Sous un stress qu'on ne contrôle pas, la partie du cerveau qui réfléchit décroche la première (Arnsten, 2009). Les compétences sont toujours là ; on n'y a simplement plus accès. C'est pour cela qu'on peut être brillant en revue de code, et maladroit devant un client. Or orchestrer plusieurs agents d'IA en parallèle oblige à passer sans cesse d'une tâche à l'autre, ce qui sollicite le cortex préfrontal, la région du cerveau la plus sensible au stress ; et une méta-analyse montre qu'après un stress aigu, la flexibilité cognitive baisse (Shields, Sazma et Yonelinas, 2016). Aucune étude ne porte encore sur des développeurs qui pilotent des agents : la conclusion que j'en tire, une maîtrise concrète de son stress devient indispensable pour les orchestrer, est la mienne, et je vous la donne comme telle.

C'est pourquoi je reviens toujours à la même idée. Un dirigeant (ainsi que toute personne en interaction avec d'autres) peut déléguer presque tout. Mais il y a deux choses qu'il ne peut pas déléguer : la gestion de son état intérieur, et l'impact que ses mots auront sur les autres — et sur lui-même. Une IA peut écrire le code. C'est vous qui entrez ensuite dans la salle, ou dans l'appel, où il sera présenté.

4. Les questions à vous poser aujourd'hui

Ces questions servent à vérifier ce qui se joue chez vous, aujourd'hui. Prenez le temps d'y répondre honnêtement, par écrit si vous le pouvez.

  • Sur votre dernière proposition, combien de concurrents imaginiez-vous face à vous ?
  • Lors de votre dernier rendez-vous avec un client, combien de temps avez-vous parlé de votre stack, et combien de temps de ce qui l'inquiétait ?
  • La dernière fois qu'un client a critiqué votre travail, quelle a été votre première phrase ?
  • Avant une démonstration qui comptait, dans quel état êtes-vous entré, et l'aviez-vous choisi ?
  • Quand un agent vous rend un code convaincant, sur quoi vous appuyez-vous pour juger qu'il est juste ?
  • Qu'est-ce qu'un client ne peut obtenir que de vous ?

Si plusieurs de ces questions vous ont arrêté, vous savez où porter vos efforts. La bonne nouvelle, c'est que tout cela se travaille.

5. La PNL, vue par un développeur

Le nom parle à un développeur. La Programmation Neuro-Linguistique s'intéresse aux programmes que chacun exécute sans y penser, dans sa façon de communiquer, de réagir et de décider. Elle est née dans les années 1970 en Californie, quand Richard Bandler et John Grinder ont observé comment s'y prenaient des experts reconnus pour leurs résultats, afin de rendre leur manière de faire transmissible. Anis, ingénieur en cybersécurité, l'a dit à sa façon en venant se former avec nous :

« …j'ai constaté que l'être humain est comme un système informatique. Il a des programmes, des applications… »

Nous l'enseignons en trois piliers, qui se nourrissent l'un l'autre :

  • La communication, avec les autres, avec vous-même et avec une IA : faire apparaître le besoin que le client ne dit pas, parler de votre travail sans jargon, reconnaître le langage d'influence, et mieux formuler une demande à une IA, puisqu'un bon prompt est aussi de la communication.
  • Les états internes : retrouver votre calme avant un rendez-vous qui compte, faire redescendre une tension sur l'instant, reprendre la main sur le syndrome de l'imposteur.
  • Les stratégies : repérer vos automatismes, ceux qui vous servent et ceux qui vous freinent, et en installer d'autres.

Un automatisme ne change pas en une lecture. Une méta-analyse de vingt études montre qu'une nouvelle habitude met en général deux à cinq mois à s'installer, loin des vingt et un jours qu'on cite souvent (Singh et al., 2024). Comme un système, le cerveau se configure par l'usage : à force de pratique, le nouveau programme passe par-dessus l'ancien, et c'est lui qui s'exécute. J'en ai parlé plus longuement dans créer une habitude, combien de temps faut-il vraiment ?

Je l'ai appris à mes dépens. Le 7 septembre 2011, après des mois de travail nuit et jour, j'ai fait un burn-out. J'avais toujours mes compétences d'ingénieur, mais ma mémoire était comme éteinte ; quelques heures avant, je me sentais au sommet, et je n'avais rien vu venir. C'est en me reconstruisant, auprès de Richard Bandler, le co-créateur de la PNL, et de Tony Buzan, l'inventeur du mind mapping, que j'ai découvert ce qu'aucune école d'ingénieur ne m'avait appris : la gestion de mon état intérieur, et l'impact des mots. Nicolas, développeur et coach, le dit à sa façon :

« …c'est quelque chose qui devrait être fourni à tous les élèves, c'est quelque chose qui devrait être abordé durant le long des études. »

6. Deux chemins pour commencer

Nathalie de Marcé et moi sommes les deux premiers francophones au monde nommés Master Trainer par Richard Bandler, et nous enseignons avec une équipe de formateurs et d'assistants. Pendant plusieurs années, nous avons fait valider notre formation par plus de vingt professionnels du cerveau et de la santé, docteurs en neurosciences, en biologie et en biophysique, médecins, psychologues, en la retravaillant avec eux jusqu'à ce qu'elle s'accorde avec leurs connaissances.

Le Praticien PNL, huit jours en présentiel

Le Praticien PNL se déroule sur huit jours, en Suisse, en groupe, et Nathalie et moi l'animons ensemble. C'est la même formation pour tous, quel que soit le métier. On y pratique les trois piliers toute la journée, sur soi d'abord, puis avec les autres, sur les situations réelles que chacun apporte : pour un développeur, le rendez-vous avec un client, la démonstration devant une direction, la critique d'un travail. Des assistants maîtres praticiens circulent entre les groupes pour encadrer les exercices.

  • Le certificat est signé de la main de Richard Bandler.
  • Après la formation, douze rendez-vous de groupe en direct sur Zoom, une heure par mois pendant un an.
  • Un groupe WhatsApp, où les formateurs et les assistants restent au moins un an.
  • La Plateforme OptimiStra® : neuf applications de pratique, sur votre téléphone comme sur votre ordinateur, sans rien installer, pour continuer à travailler ce que vous avez appris.
  • L'admission passe par un entretien de trente minutes, pour vérifier ensemble que le moment et le format vous conviennent.
  • Votre entreprise peut payer la formation : nous établissons le devis ou la facture à son nom.

Pourquoi huit jours en salle, quand on se forme en ligne depuis toujours ? Parce que l'essentiel se joue dans ce qu'un écran transmet le plus mal : les micro-mouvements du visage, la respiration, ce que fait la voix une demi-seconde avant le mot. C'est ce que vous apprenez à percevoir chez un client.

Le Leadership d'Alignement Personnel™, pour commencer en ligne

Vous ne pouvez pas vous libérer huit jours ? Commencez en ligne, un cours par semaine, sans arrêter de facturer, avec notre formation en Leadership d'Alignement Personnel™ (LAP). C'est notre méthode propre, et elle se suit depuis chez vous.

  • Un nouveau cours en vidéo chaque semaine pendant quatre mois, à l'heure qui vous arrange, avec des exercices à pratiquer entre deux cours.
  • Sous chaque cours, un espace pour vos questions. Nathalie ou moi y répondons, généralement le jour même, au plus tard sous 48 heures.
  • Douze rendez-vous en direct sur Zoom, une heure par mois pendant un an, en groupe avec Nathalie de Marcé ou moi, parfois les deux, sur vos vraies situations.
  • Une communauté en ligne, où vous pouvez apporter une difficulté du moment.
  • La Plateforme OptimiStra® et ses neuf applications de pratique.
  • Si le premier mois ne vous convient pas, un message par le formulaire de contact du site suffit pour être remboursé.

Comment choisir, et quand ce n'est pas le moment

Le choix tient surtout à votre situation. Si vous pouvez libérer huit jours et que vous voulez la certification de praticien, c'est le Praticien. Si vous voulez commencer maintenant, à votre rythme, sans vous absenter, le LAP est fait pour cela.

Les deux demandent un engagement réel : on y travaille sur soi, et l'on y est amené à se remettre en question. Ce ne sont pas des thérapies, et elles ne s'y substituent pas. Si vous traversez une période vraiment difficile, ce n'est pas le bon moment, et nous serons heureux de vous accueillir plus tard. Nous apportons la méthode, la pratique et l'accompagnement ; les résultats viennent de la pratique, et tout le dispositif est construit autour d'elle.

Si vous hésitez entre les deux, ou si vous voulez simplement regarder ce qui se joue dans vos rendez-vous, avec vos clients ou dans votre entreprise, je vous propose un rendez-vous de 30 minutes en visio. Je vous dirai franchement si nos formations peuvent vous servir, et laquelle.


Pour continuer

Pour prolonger la lecture : la vidéo de dix-sept minutes que nous avons consacrée aux développeurs, les compétences 2030, ou ce que l'IA ne fera pas à votre place, et comment rester l'auteur de ses décisions quand on travaille avec une IA.

Et si vous préférez suivre un fil plutôt que picorer au hasard, notre parcours complet pour comprendre la PNL remet nos articles dans l'ordre.

Article conçu et rédigé par Michel Wozniak, et optimisé par l'intelligence artificielle.

Sources citées

Questions fréquentes

Un développeur a-t-il encore besoin de compétences humaines avec l'IA ?

Davantage qu'avant. L'IA résout désormais la plupart des tickets d'un test de référence, et ce qui départage deux développeurs se joue de plus en plus dans la relation avec le client et dans la maîtrise de soi sous pression. En Suisse, 66 % des employeurs se disent prêts à accorder une prime salariale aux candidats qui ont de solides compétences en communication, en collaboration et en travail d'équipe.

Je suis salarié, pas indépendant. Est-ce que cela me concerne ?

Oui. Les mêmes critères jouent en entretien d'embauche, comme le jour où une entreprise doit choisir qui garder. La confiance passe avant la compétence : dans des organisations étudiées par des chercheurs, dont deux entreprises informatiques, quand on n'aimait pas un collègue, sa compétence ne comptait presque plus dans le choix de travailler avec lui.

Qu'est-ce que la PNL apporte à un développeur ?

La Programmation Neuro-Linguistique travaille les programmes que chacun exécute sans y penser. Nous l'enseignons en trois piliers : la communication, pour faire apparaître le besoin du client, parler sans jargon et mieux formuler une demande à une IA ; les états internes, pour retrouver son calme avant un rendez-vous qui compte ; les stratégies, pour repérer ses automatismes et en installer d'autres.

Combien de temps faut-il pour changer un automatisme ?

Une méta-analyse de vingt études trouve qu'une nouvelle habitude met en général deux à cinq mois à s'installer, loin des vingt et un jours souvent cités. C'est pourquoi nos formations ne s'arrêtent pas à la dernière journée : le Praticien PNL et le Leadership d'Alignement Personnel comprennent douze rendez-vous de groupe en direct sur Zoom, une heure par mois pendant un an.

Peut-on se former sans arrêter de travailler ?

Oui. Le Leadership d'Alignement Personnel™ se suit en ligne, au rythme d'un cours par semaine pendant quatre mois, à l'heure qui vous arrange. Si vous pouvez vous libérer huit jours, le Praticien PNL se suit en présentiel, en Suisse, et votre entreprise peut le payer.

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